Questions phares › Incertitudes budgétaires de la Sécurité sociale

Combien coûte la fraude sociale ?

Question phare, 9 réponses de 9 intervenants, suivie sur 9 auditions

En bref

  • 9 réponses de 9 personnes, entre le 15 janvier 2026 et le 25 février 2026.
  • 7 chiffres avancés, qui ne mesurent pas la même chose : ils se comparent réponse par réponse, pas entre eux.

La fraude détectée (ce que les caisses ont repéré et stoppé), la fraude estimée (extrapolée à partir d'échantillons de dossiers) et l'activité dissimulée mesurée dans le PIB ne sont pas la même chose. Chaque chiffre est présenté avec ce qu'il mesure, tel que l'intervenant le décrit.

À garder en tête : Les chiffres affichés sont des déclarations attribuées à leurs auteurs. Aucun n'est présenté ici comme le nombre réel.

Autres limites de ces réponses (4)
  • Des chiffres différents ne prouvent pas une contradiction : ils peuvent porter sur des définitions, des populations, des dates ou des méthodes différentes.
  • Aucun intervenant ne précise la population concernée ni la méthode de calcul : les chiffres ne peuvent pas être comparés sur ces points.
  • Les intervenants ne retiennent pas tous de la même façon : ce qui est compté exactement, la date de référence.
  • Aucune contestation explicite entre intervenants n'a été relevée et validée dans les sources traitées.

Résumé calculé à partir des réponses ci-dessous, sans interprétation. La question est formulée par la rédaction du site ; la formulation exacte figure plus bas.

Les réponses en un coup d'œil

  1. Bernard Lejeune15 janvier 2026

    8 milliards d’euros fraudes estimées (et un montant comparable d'indus), sans recoupement mesuré entre les deux

    Périmètres différents
  2. Fabrice Lenglart22 janvier 2026

    65 milliards d’euros impact de la fraude sur la valeur ajoutée (activité dissimulée), année 2019 ; ce n'est pas une perte de la Sécurité sociale

    Périmètres différents
  3. Marc Scholler27 janvier 2026

    628 millions d’euros fraude détectée et stoppée par l'assurance maladie

  4. Renaud Villard28 janvier 2026

    « Nous aboutissons, bon an mal an, à un risque de fraude évalué entre 50 et 100 millions d’euros. Sur 160 milliards d’euros de prestations, c’est très… »

  5. Nicolas Grivel28 janvier 2026

    450 millions d’euros fraude détectée par la branche famille ; chiffre cité par la commission, repris par l'intervenant

  6. Damien Ientile29 janvier 2026

    1,5 milliard d’euros redressements pour travail dissimulé notifiés par les Urssaf

  7. Amélie de Montchalin11 février 2026

    2,9 milliards d’euros fraude détectée, toutes branches confondues

    Périmètres différents
  8. Éric Belfayol23 février 2026

    14 milliards d’euros estimation du Haut Conseil du financement de la protection sociale, citée par l'intervenant

    Périmètres différents
  9. Magali Mangin25 février 2026

    « Les dernières estimations font état d’un potentiel d’erreur et fraude de 200 millions d’euros au titre du contrôle comptable d’assiette de… »

La question telle qu'elle a été posée

Je rappelle que le montant de la fraude est estimé entre 4 et 5 milliards d’euros. Cela mérite des explications.

Joëlle Mélin, rapporteure, 28 janvier 2026

… Existe-t-il des réponses qui vous apparaissent évidentes, mais qui se heurtent à un obstacle légal, conventionnel ou constitutionnel ?

Lire toute l'intervention (2100 signes)

Je souhaite la bienvenue aux représentants de la mission interministérielle de coordination antifraude, que je remercie d’avoir accepté l’invitation de notre commission d’enquête dans une semaine extrêmement dense, puisqu’elle verra dès demain, à l’ordre du jour de la séance publique, l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales sur lequel vous êtes particulièrement engagés. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons maintenu votre audition ce jour, conscients de votre probable indisponibilité à partir de demain, et étant nous-mêmes contraints par la suspension des travaux en fin de semaine en raison des élections municipales.

Un questionnaire vous a été transmis préalablement à cette audition. Toutes les questions qu’il contient ne pourront être évoquées de manière exhaustive. Je vous invite par conséquent à communiquer ultérieurement tout élément que vous jugeriez utile de porter à la connaissance de la commission d’enquête.

Il revient traditionnellement à la présidence de poser deux brèves questions destinées à introduire les débats. En premier lieu, pourriez-vous décrire à gros traits, et dans les limites inévitables d’un tel exercice, la façon dont se répartissent les fraudes à la sécurité sociale ? Quelles sont les branches concernées, pour quelles sommes et de la part de quels publics ?

En second lieu, dans une approche peut-être plus qualitative, toutes les fraudes sociales peuvent-elles être combattues de la même façon ? Ou bien les vulnérabilités sont-elles spécifiques : au contrôle de terrain pour les unes, au croisement de fichiers informatiques pour les autres, à une modification de la loi pour d’autres encore ? Existe-t-il des réponses qui vous apparaissent évidentes, mais qui se heurtent à un obstacle légal, conventionnel ou constitutionnel ?

L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées par une commission d’enquête de prêter le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Annie Vidal, présidente, 23 février 2026

… Avez‑vous pu estimer le montant de la fraude éventuelle ? … Utilisez‑vous le même logiciel que les Urssaf ?

Lire toute l'intervention (700 signes)

Je pense également et avant tout aux enjeux humains. Dans le Midi, nous connaissons les situations problématiques rencontrées dans le nord des Bouches‑du‑Rhône, le Vaucluse ou le Gard, avec des cas impliquant des plateformes espagnoles et une main‑d’œuvre venant d’Amérique du Sud. Il y a eu aussi, en Champagne me semble‑t‑il, des situations tout à fait inadmissibles allant jusqu’à des décès. La situation est très éloignée de celle que nous connaissions il y a trente ou quarante ans, lorsque les saisonniers revenaient régulièrement et étaient intégrés dans des familles qu’ils connaissaient.

Avez‑vous pu estimer le montant de la fraude éventuelle ? Utilisez‑vous le même logiciel que les Urssaf ?

Joëlle Mélin, rapporteure, 25 février 2026

Regarder les réponses

Vidéo non disponible pour l'instant. Les passages apparaîtront ici, à la suite, dès que leurs timecodes auront été vérifiés sur l'enregistrement officiel.

Chronologie détaillée

  1. Bernard Lejeuneprésident de la sixième chambre de la Cour des comptes

    Périmètres différents
    En réponse à Joëlle Mélinrapporteure (question posée juste avant)

    … Pourriez-vous également nous parler des dispositifs d’extinction hétérogènes, des remises de dette hétérogènes, des cinq motifs de mise en non-valeur et surtout – c’est à mes yeux une piste d’évolution intéressante – des délais de prescription des indus, qui sont de deux ans pour la sécurité sociale, car il est difficile d’accéder aux données antérieures, et de cinq ans en cas de fraude ?

    Lire toute l'intervention (2700 signes)

    J’ai essayé de me pencher sur ce problème, qui avait déjà été noté par plusieurs de nos collègues. Les systèmes d’information et les outils au sens large, sans doute à l’origine de nombreuses difficultés, seront au cœur de nos réflexions. La masse étant très importante, et les paramètres et intervenants trop nombreux, on ne peut avancer sans congruence.

    Ces questions sont d’autant plus importantes que la fiscalisation du budget de la sécurité sociale atteint 53 %, voire 54 %, et que le budget de l’État, quant à lui, se trouve socialisé à la même hauteur. Si elle se poursuit, cette interférence entre les budgets posera des problèmes de gestion et aboutira à une situation qui n’est dans l’esprit ni des comptes sociaux, ni de ceux de l’État. Nous devons apporter des réponses rapides et donner aux différents intervenants des possibilités d’agir.

    L’insuffisance d’éléments probants dont fait état votre rapport recouvre des incertitudes, des faiblesses du cadre général du contrôle interne et du contrôle interne lui-même, ainsi que des erreurs. Il me paraît utile d’en préciser les périmètres et les montants pour l’année 2024.

    Les provisions pour risques liés à des litiges avec les cotisants, dont l’estimation présente, selon vous, des incertitudes, atteignent 2,7 milliards d’euros.

    S’agissant des incertitudes affectant les estimations comptables de produits à recevoir et de dépréciations des créances, la part des produits à recevoir de prélèvements sociaux dont le montant n’est pas définitif est estimée à 2,8 milliards d’euros. Les produits à recevoir de remises sur les prix des médicaments et des dispositifs médicaux sont pour leur part estimés à 11 milliards d’euros.

    Nous souhaitons par ailleurs vous entendre sur les indus constatés dans toutes les branches. Les dépréciations de créances sur les cotisants, correspondant aux montants estimés des créances que les Urssaf risquent de ne pas recouvrer, se montent à 25,8 milliards d’euros au 31 décembre 2024. Si j’ai bien compris, certains indus sont détectés et d’autres pas. Les indus non identifiés, frauduleux et non frauduleux, seraient passés de 8,6 milliards d’euros en 2023 à 15 milliards d’euros cette année, selon les derniers chiffres parus. Confirmez-vous cette évolution ?

    Pourriez-vous également nous parler des dispositifs d’extinction hétérogènes, des remises de dette hétérogènes, des cinq motifs de mise en non-valeur et surtout – c’est à mes yeux une piste d’évolution intéressante – des délais de prescription des indus, qui sont de deux ans pour la sécurité sociale, car il est difficile d’accéder aux données antérieures, et de cinq ans en cas de fraude ?

    Les chiffres que vous avez cités sont issus de notre rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale pour l’année 2024. Les indus et les fraudes représentent respectivement un peu plus de 8 milliards d’euros, étant précisé que nous n’arrivons pas à mesurer le recoupement entre les deux ensembles.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    8 milliards d’euroschiffre avancé par Bernard Lejeune (fraudes estimées (et un montant comparable d'indus), sans recoupement mesuré entre les deux), non vérifié

    Détails et vérifications
  2. Fabrice Lenglartdirecteur général de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)

    Périmètres différents
    En réponse à Thibault Bazindéputé(e) (DR) (question posée juste avant)

    Disposez-vous de données chiffrées à ce sujet ?

    La dernière évaluation, sur la base de l’année 2019, estime que l’impact de la fraude sur la valeur ajoutée, c’est-à-dire la part de l’activité dissimulée enregistrée dans le produit intérieur brut, est de 65 milliards d’euros.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    65 milliards d’euroschiffre avancé par Fabrice Lenglart (impact de la fraude sur la valeur ajoutée (activité dissimulée), année 2019 ; ce n'est pas une perte de la Sécurité sociale), non vérifié

    Détails et vérifications
  3. Marc Schollerdirecteur délégué de l’audit, des finances et de la lutte contre la fraude

    En 2024, nous parlons de 628 millions d’euros, soit presque trois fois plus qu’en 2021.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    628 millions d’euroschiffre avancé par Marc Scholler (fraude détectée et stoppée par l'assurance maladie), non vérifié

    Détails et vérifications
  4. Renaud Villarddirecteur général de la Caisse nationale d’assurance vieillesse

    En réponse à Joëlle Mélinrapporteure (question posée juste avant)

    … Pourriez-vous détailler ces points et nous indiquer à quel moment vous êtes amené à demander aux personnes une justification d’existence ?

    Lire toute l'intervention (4200 signes)

    Dont acte.

    La redondance des observations formulées par la Cour des comptes à l’égard de toutes les caisses nous conduit à explorer un chapitre particulier. Nous avons noté, au fil de nos travaux, que la prise de conscience de la nécessité de remettre à flot, voire de réformer complètement les systèmes d’information, était apparue manifestement avec la crise sanitaire. Ils sont plusieurs à avoir été rénovés depuis. Début 2026, nous ne percevons pas les effets de ce qui a été mis en place les années précédentes. Certaines des remarques formulées par la Cour des comptes sont impressionnantes pour qui ne connaît pas le sujet. Elles interpellent. On peut penser, ou tout du moins espérer, être face à une vraie prise de conscience par nécessité, à un moment charnière, comme en 1996 lorsqu’on s’est aperçu après trente ans qu’il fallait des outils pour évaluer, ou en 2004 des outils pour certifier. Il me semble que quelque chose se passe et que le moment est venu, particulièrement pour nous parlementaires, de participer aux avancées du dossier. Nous avons choisi comme outil de base le rapport de la Cour des comptes, qui présente le mérite d’être factuel. Tous les éléments dont je vais vous faire part en sont issus.

    Le rapport évoque la faiblesse du cadre général de contrôle interne. Il pointe notamment son déploiement partiel et des incertitudes sur ses résultats. Peut-être pourrons-nous évoquer l’instrument qu’est l’application du système unique de retraite (Asur).

    Il mentionne le risque relatif au système d’information insuffisamment évalué, la faiblesse dans la gestion des habilitations, des applications métier et des incidents fonctionnels récurrents. Le nombre d’incidents déclarés aurait ainsi augmenté de 22 % en 2024.

    Le rapport met aussi l’accent sur « les risques spécifiques affectant la gestion des données de paiement et des opérations de paiement des prestations » et l’insuffisance du dispositif de contrôle interne.

    Il évoque par ailleurs la lutte contre les fraudes, que l’on traitera à part, et la prévention des conflits d’intérêts. Par définition, les chiffres de la fraude ne sont pas connus. Un point épineux concerne le nombre d’assurés vivant à l’étranger. Pour les personnes nées et résidant dans notre pays, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fait le nécessaire et les chiffres ne font naître aucune incertitude. Il semblerait en revanche que connaissance de la situation des personnes nées sur le sol étranger ou des Français vivant à l’étranger pourrait s’améliorer. Selon la Cour des comptes, « les accords d’échanges de données ne couvrent que près de la moitié des assurés résidant à l’étranger ». Il y est également mentionné : « en contradiction avec la réglementation depuis 2021, la Caisse nationale d’assurance vieillesse n’a pas mis en œuvre le dispositif de signalement des numéros d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR) certifiés frauduleux ». L’Insee a par ailleurs indiqué ne pas comptabiliser les décès à l’étranger.

    Quelles sont vos relations avec les consulats ? N’y aurait-il pas moyen, comme cela a été évoqué entre autres dans le chapitre du rapport de la Cour des comptes sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale consacré à la fraude aux retraites versées à l’étranger, de solliciter davantage les consulats et les ambassades, qui sont en première ligne et mériteraient d’être consultés plus souvent ?

    Le rapport souligne, comme pour la branche famille, l’absence de rapprochement avec le fichier des comptes bancaires (Ficoba). Il signale également l’hétérogénéité des contrôles effectués par les caisses d’assurance retraite et de santé au travail. En 2024, le montant d’indus recouvrés, frauduleux ou non, mais plutôt frauduleux en première analyse, n’a pas été évalué. La Cour note enfin que le dispositif interne de prévention et de détection de la fraude est insuffisant, tout comme celui prévenant les conflits d’intérêts des administrateurs et des agents.

    Pourriez-vous détailler ces points et nous indiquer à quel moment vous êtes amené à demander aux personnes une justification d’existence ?

    Nous aboutissons, bon an mal an, à un risque de fraude évalué entre 50 et 100 millions d’euros. Sur 160 milliards d’euros de prestations, c’est très peu.

    Citation exacte, compte rendu officiel
    Détails et vérifications
  5. Nicolas Griveldirecteur général de la Caisse nationale des allocations familiales

    En réponse à Annie Vidalprésidente (question posée juste avant)

    La fourchette de 4 milliards à 5 milliards d’euros concerne-t-elle seulement la fraude ou aussi les erreurs ?

    Vous avez cité le chiffre de 450 millions d’euros pour la fraude détectée. Il sera sans doute supérieur en 2025 alors qu’il était inférieur à 300 millions d’euros il y a quelques années.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    450 millions d’euroschiffre avancé par Nicolas Grivel (fraude détectée par la branche famille ; chiffre cité par la commission, repris par l'intervenant), non vérifié

    Détails et vérifications
  6. Damien Ientiledirecteur de l’Urssaf Caisse nationale

    En réponse à Annie Vidalprésidente (question posée juste avant)

    … Comment ces incertitudes comptables influencent-elles vos prévisions de trésorerie et de financement à court terme ? … Selon vous, quelles en sont conséquences sur l’appréciation des besoins budgétaires de la sécurité sociale et sur les lois de financement des prochains exercices ?

    Lire toute l'intervention (2000 signes)

    Nous poursuivons les auditions consacrées aux différentes caisses nationales et nous accueillons maintenant une délégation de l’Urssaf Caisse nationale. Je souhaite la bienvenue à M. Damien Ientile, directeur, Mme Camille L’Hernault, directrice comptable et financière, Mme Caroline Rossigneux-Meheust, secrétaire générale, et M. Jean-Baptiste Courouble, directeur des systèmes d’information. Un questionnaire vous a été transmis préalablement à cette audition par notre rapporteure. Toutes les questions ne pourront pas être abordées exhaustivement. Je vous invite donc à communiquer ultérieurement toutes les informations que vous jugeriez utile de porter à notre connaissance.

    Dans son dernier rapport de certification, la Cour des comptes a formulé des réserves générales sur la certification de l’activité de recouvrement des cotisations et contributions sociales, soulignant des insuffisances de contrôle interne et des risques persistants d’incertitudes quant à l’exhaustivité et à l’exactitude des prélèvements collectés par le réseau des unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf). Quelles mesures opérationnelles avez-vous prises pour renforcer ce contrôle interne ?

    Par ailleurs, la Cour souligne que, malgré des progrès, les incertitudes qui subsistent concernant les comptes, notamment en matière de recouvrement, peuvent affecter la fiabilité des résultats et l’évaluation précise des recettes disponibles pour financer les prestations sociales. Comment ces incertitudes comptables influencent-elles vos prévisions de trésorerie et de financement à court terme ? Selon vous, quelles en sont conséquences sur l’appréciation des besoins budgétaires de la sécurité sociale et sur les lois de financement des prochains exercices ?

    L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées par une commission d’enquête de prêter le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

    La convention d’objectifs et de gestion pour les années 2023 à 2027 nous demande un effort de redressement pour travail dissimulé de 5,5 milliards d’euros. Nous serons au rendez-vous. En 2024, les résultats s’élevaient à 1,5 milliard d’euros.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    1,5 milliard d’euroschiffre avancé par Damien Ientile (redressements pour travail dissimulé notifiés par les Urssaf), non vérifié

    Détails et vérifications
  7. Amélie de Montchalinministre de l’action et des comptes publics

    Périmètres différents
    En réponse à Annie Vidalprésidente (question posée juste avant)

    … En second lieu, quel regard portez-vous sur la loi d’approbation des comptes de la sécurité sociale ? … Qu’en pensez-vous ?

    Lire toute l'intervention (2900 signes)

    Madame la ministre, je vous remercie de vous être rendue disponible dans ces délais très courts. Je me permets, à titre personnel, de vous féliciter pour votre nomination, ce matin en Conseil des ministres, à la présidence de la Cour des comptes.

    Vos mots décriront mieux que les miens les raisons de votre présence ce soir. En effet, vous étiez présente lorsque la rapporteure a fait état en séance publique, le 4 novembre dernier, de la volonté de son groupe de créer cette commission d’enquête. Je vous cite : « Vous dites qu’il importe de contrôler les flux financiers et la gestion interne de la sécurité sociale : c’est vrai et c’est d’ailleurs ma mission. En tant que ministre des comptes publics, c’est à moi de m’assurer que les flux soient tracés. Il y va aussi de la responsabilité du conseil d’administration des Urssaf, qui chapeaute l’ensemble des flux financiers, le rôle de la Cour des comptes étant […] de certifier ou non les comptes et de proposer un certain nombre d’aménagements. Il n’y a rien de caché, seulement parfois des éléments d’analyse compliqués et il est d’ailleurs sain et tout à fait positif que les parlementaires, dans leur rôle de contrôle et d’évaluation, mènent ce travail d’enquête. »

    Nous allons donc mener ce travail. Un questionnaire complet vous a été transmis par notre rapporteure, Mme Joëlle Mélin. Toutes ses questions ne pourront pas être évoquées de manière exhaustive ce soir. Je vous invite par conséquent à nous communiquer ultérieurement les éléments de réponse écrits, ainsi que toute autre information que vous jugeriez utile de porter à la connaissance de la commission d’enquête.

    Il revient traditionnellement à la présidence d’introduire les débats par quelques questions très générales. Pourriez-vous en premier lieu décrire le rôle de l’exécutif dans le suivi des comptes sociaux ? Je fais référence au pouvoir politique et non aux administrations. Quels dispositifs correctifs le gouvernement a-t-il mis en œuvre à la suite de l’impossibilité de certifier les comptes de la branche famille ? Quelles sont les conséquences concrètes de cette situation, notamment quand elle devient récurrente ?

    En second lieu, quel regard portez-vous sur la loi d’approbation des comptes de la sécurité sociale ? Depuis la loi organique du 14 mars 2022, cet instrument doit servir au contrôle parlementaire des comptes sociaux. Or, les projets ont été systématiquement rejetés, tant par l’Assemblée nationale que par le Sénat. La configuration politique y est certainement pour beaucoup, mais d’aucuns considèrent qu’il s’agit également d’une conséquence logique pour des comptes que la Cour dit ne pouvoir certifier. Qu’en pensez-vous ?

    Avant de vous donner la parole, et en application de l’article 6 de l’ordonnance n° 58‑1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, je vous demande de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

    En 2012, nous ne détections que 640 millions d’euros de fraude. Nous sommes passés à 2,9 milliards d’euros en 2024, toutes branches confondues, ce qui reflète à la fois l’intensification des contrôles et l’amélioration des outils de détection.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    2,9 milliards d’euroschiffre avancé par Amélie de Montchalin (fraude détectée, toutes branches confondues), non vérifié

    Détails et vérifications
  8. Éric Belfayolchef de la mission interministérielle de coordination antifraude

    Périmètres différents
    En réponse à Annie Vidalprésidente (question posée juste avant)

    … Existe-t-il des réponses qui vous apparaissent évidentes, mais qui se heurtent à un obstacle légal, conventionnel ou constitutionnel ?

    Lire toute l'intervention (2100 signes)

    Je souhaite la bienvenue aux représentants de la mission interministérielle de coordination antifraude, que je remercie d’avoir accepté l’invitation de notre commission d’enquête dans une semaine extrêmement dense, puisqu’elle verra dès demain, à l’ordre du jour de la séance publique, l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales sur lequel vous êtes particulièrement engagés. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons maintenu votre audition ce jour, conscients de votre probable indisponibilité à partir de demain, et étant nous-mêmes contraints par la suspension des travaux en fin de semaine en raison des élections municipales.

    Un questionnaire vous a été transmis préalablement à cette audition. Toutes les questions qu’il contient ne pourront être évoquées de manière exhaustive. Je vous invite par conséquent à communiquer ultérieurement tout élément que vous jugeriez utile de porter à la connaissance de la commission d’enquête.

    Il revient traditionnellement à la présidence de poser deux brèves questions destinées à introduire les débats. En premier lieu, pourriez-vous décrire à gros traits, et dans les limites inévitables d’un tel exercice, la façon dont se répartissent les fraudes à la sécurité sociale ? Quelles sont les branches concernées, pour quelles sommes et de la part de quels publics ?

    En second lieu, dans une approche peut-être plus qualitative, toutes les fraudes sociales peuvent-elles être combattues de la même façon ? Ou bien les vulnérabilités sont-elles spécifiques : au contrôle de terrain pour les unes, au croisement de fichiers informatiques pour les autres, à une modification de la loi pour d’autres encore ? Existe-t-il des réponses qui vous apparaissent évidentes, mais qui se heurtent à un obstacle légal, conventionnel ou constitutionnel ?

    L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées par une commission d’enquête de prêter le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

    Dans la fraude aux cotisations sociales, la part la plus importante est l’ensemble du champ du travail illégal et des infractions connexes. Le rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale, qui évoque 14 milliards d’euros, est la référence que nous retenons.

    Citation exacte, compte rendu officiel

    14 milliards d’euroschiffre avancé par Éric Belfayol (estimation du Haut Conseil du financement de la protection sociale, citée par l'intervenant), non vérifié

    Détails et vérifications
  9. Magali Mangindirectrice comptable et financière et de la maîtrise des risques de la caisse centrale de la mutualité sociale agricole

    Les dernières estimations font état d’un potentiel d’erreur et fraude de 200 millions d’euros au titre du contrôle comptable d’assiette de cotisations et de fraude, et de 345 millions d’euros au titre du travail illégal dissimulé. Plus récemment, nous avons aussi chiffré la fraude aux prestations familiales pour un montant situé entre 70 et 120 millions d’euros.

    Citation exacte, compte rendu officiel
    Détails et vérifications
Liens entre les déclarations (2)

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EntreNature du lienMotifStatut
Bernard Lejeune (15 janvier 2026) et Fabrice Lenglart (22 janvier 2026)Périmètres de mesure différentsL'Insee mesure l'activité dissimulée intégrée au PIB ; la Cour des comptes estime les fraudes aux prestations et aux cotisations. Les deux chiffres ne portent pas sur la même chose.À vérifier
Amélie de Montchalin (11 février 2026) et Éric Belfayol (23 février 2026)Périmètres de mesure différents2,9 milliards d'euros correspond à la fraude détectée ; 14 milliards d'euros à une estimation de la fraude totale, détectée ou non.À vérifier